Midi Libre - "Montpellier est la ville la plus taxée de France"
Par Jacques Domergue le mercredi 9 septembre 2009, 11:03 - ACTUALITE ET ACTION - Lien permanent

Entretien avec le Midi Libre
Vous avez fait votre rentrée politique à Pérols, sur le thème des
régionales...
J’y ai expliqué qu’il n’y avait pas de place pour deux listes de droite. Un
message à l’attention de Christian Jeanjean pour qu’il rentre dans le rang.
Il faut dire que le maire de Palavas n’a pas été épargné ces
derniers temps...
Il y a des torts partagés entre Couderc et Jeanjean. Mais il a accepté le jeu
des primaires, fixé par l’UMP au niveau national. Moi, je reconnais qu’il y a
eu des dysfonctionnements, mais pas de triche. Je regrette que Jeanjean ait été
suspendu et j’ai dit à Xavier Bertrand qu’il ne s’était pas bien comporté à son
égard.
Localement, l’électorat UMP est stable mais l’écologie politique a
fait une forte poussée.
L’UMP est la meilleure force politique au premier tour mais a des difficultés
au second. C’est pour cela que Sarkozy cherche de nouvelles alliances.
Pour les régionales, on ne peut pas ignorer l’impact de la taxe
carbone sur l’électorat. Y êtes-vous favorable ?
Le pays en a besoin, mais il faut reprendre le dossier calmement. Et faire
attention à l’effet boomerang. Il faut se souvenir que la TVA sociale avait
plombé la campagne des législatives. Et cinquante députés UMP en avaient fait
les frais. Revenons au conseil municipal de Montpellier où vous êtes le chef de
file de l’opposition.
La rentrée est un peu morose, non ?
Martine Petitout est en marge et Sarah El Atmani vous a quitté pour rejoindre
la majorité de gauche... C’est vrai que nous ne sommes plus très nombreux. Sur
le cas de Sarah El Atmani, je ne me suis jamais exprimé. Je ne répéterai pas ce
qu’elle disait en réunion sur les socialistes qu’elle a rejoints. Aujourd’hui
je souhaite qu’elle travaille dans l’intérêt des Montpelliérains. Quant à
Martine Petitout nous apprécions son analyse sur la fiscalité et ce n’est pas
une surprise de la voir en marge.
Justement la fiscalité de la ville a été récemment épinglée par une
étude du Point...
Qui est conforme à ce que j’ai toujours dit : les impôts ont augmenté à
Montpellier de 11 %. 10,7 % exactement. On m’a hurlé dessus en disant, mais non
c’est 5 %. Aujourd’hui toutes les études le disent : Montpellier est la
ville la plus taxée de France. En octobre, quand la taxe foncière et la taxe
d’habitation vont tomber, de nombreuses familles vont vérifier que la fiscalité
locale explose. Le magazine note aussi ce que nous avons toujours dit à propos
de la nouvelle mairie, estimée à 140 M€ : qu’elle est disproportionnée et
excentrée. Bref que c’est une dépense inutile alors que la Ville n’a presque
plus aucune compétence.
Vous estimez que tout se passe à l’Agglo ?
Absolument. Et si la mairie sert un jour d’hôtel d’Agglomération alors
j’applaudirai. Mandroux a posé un ultimatum à Frêche pour qu’elle reprenne,
avant la fin de l’année, la présidence de l’agglomération... C’est une
gueguerre entre eux on n’interfèrera pas. Cela dit, si elle prend la
présidence, je lui rappellerai qu’elle avait proposé que les élus soient
désignés pour aller à l’Agglo à la proportionnelle. Là, cela nous intéresse car
c’est là que se jouent les gros dossiers.
Votre dossier chaud de la rentrée ?
Incontestablement l’usine de méthanisation Amétyst. J’ai rendez-vous avec le
préfet pour discuter de ce qu’il convient de faire. J’y suis passé dimanche,
c’est intenable. Cette usine est un échec tant au niveau du concept que de
l’implantation. Des techniciens m’ont assuré que Montpellier était la risée
dans la France entière car il n’existe pas de solution pour des usines de cette
taille.
Grosse satisfaction également sur l’A9 puisque vous étiez contre le
doublement de l’autoroute et le ministre semble vous suivre ?
D’abord le tramway à la mer, c’est une grande victoire même si l’Agglo aurait
dû lancer immédiatement les études pour qu’on puisse se baigner, grâce au
tramway, dès l’été prochain. Sur l’A9 je pense que l’aménagement des sorties
sera suffisante pour sécuriser le trafic. Mais la circulation aux entrées de
Montpellier reste un vrai problème.
Recueilli par Y. POVILLON - Le Midi Libre du 9 septembre 2009