L'intervention de Jacques Domergue

" ''Né à Perpignan et ayant parlé enfant le catalan, je puis vous dire combien j’en apprécie les nuances et les spécificités, souvent intraduisibles en français. Cet acquis du plus jeune âge est une richesse incontestable pour un individu. Aujourd’hui député de l’Hérault, j’ai découvert l’occitan à travers les radios associatives, mais aussi grâce aux écoles calendrettes. J’ai eu la chance d’en visiter une la première année de mon mandat, un élève ayant été élu au Parlement des enfants. À l’heure de la mondialisation, à quoi bon apprendre des langues régionales, me disais-je ? Or à l’occasion de cette visite, j’ai pu me rendre compte que la richesse acquise par ces enfants avait ouvert des portes dans leur esprit, notamment pour l’acquisition des langues étrangères. Le retour aux langues régionales permet de s’appuyer sur un socle solide pour affronter le monde moderne.

En 2004, Georges Frêche a voulu donner le nom de Septimanie à la région du Languedoc-Roussillon. S’il a échoué, c’est uniquement parce qu’il a traité le catalan de « patois », ce qui a provoqué une levée de boucliers. Il est hors de question de mettre en danger l’unité nationale, de mettre en question la force du français ; et l’apprentissage des langues régionales n’est pas incompatible avec la promotion de la francophonie. Il s’agit simplement de permettre à chacun de puiser dans ses racines, tout en évitant le développement de particularismes régionaux. La solution proposée par le président de la commission des affaires sociales est raisonnable ; elle ne mettra pas en danger l’unité nationale et doit nous encourager à promouvoir les langues régionales'' " (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP).

Voir en ligne : Source : Assemblée nationale