
La droite tire à boulets rouges sur la gestion des villes roses
L'UMP dénonce la hausse de la fiscalité et les promesses non tenues.
«Nous ne sommes pas des revanchards. Nous voulons définir des perspectives…»
Le député UMP Jacques Domergue, tête de liste battue à Montpellier en 2008,
marque la nuance. Il dénonce, certes, mais se veut «constructif». Mercredi, les
leaders de l'opposition de droite dans quatorze des vingt premières villes de
France ont présenté un premier Livre noir des villes de gauche.
La démarche vise à montrer qu'il existe désormais une coordination entre les
équipes d'oppositions de droite. Il s'inspire du Livre noir des régions édité
par Roger Karoutchi, président du groupe UMP au Conseil régional
d'Ile-de-France. Sa publication est prévue tous les deux ans jusqu'aux
prochaines municipales de 2014.
Premier grief : l'explosion de la fiscalité. Selon le livre noir, «les
taux varient de 1 % à Lille à 9 % à Grenoble ou Paris». La plupart des villes
socialistes sont concernées, à l'exception de Toulouse, Strasbourg ou Angers,
qui n'augmentent que la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Certes, Nice,
dirigée par l'UMP Christian Estrosi, est la ville où l'augmentation de la taxe
d'habitation est la plus forte (17,7 %). Mais, avance Jacques Domergue,
«Christian Estrosi a hérité d'une ville qui était gérée par un ancien du Front
national», en l'occurrence Jacques Peyrat, qui avait pourtant rallié le RPR,
puis l'UMP, dès son élection, en 1995. «À Nice, ajoute Domergue, cette
augmentation servira à l'investissement local alors que dans la plupart des
villes socialistes la pression fiscale permet de c réer un rapport de forces
avec l'État.» Jacques Domergue, qui s'insurge contre «le principe socialiste
absolument faux» selon lequel l'augmentation massive des impôts serait le fruit
«du désengagement de l'État», regrette aussi que les conseils municipaux soient
le lieu «d'attaques systématiques contre le gouvernement, de dépôts de vœux
hostiles, certes pieux, mais qui mobilisent l'opinion».
Positions «idéologiques»
Dans ce registre, l'ancien maire UMP de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, pointe
du doigt le «refus systématique» du maire PS, Pierre Cohen, d'appliquer le
service minimum d'accueil des enfants à l'école (SMA) lors des grèves. «Une
opposition politique, insiste-t-il, couplée à un refus de permettre la mise en
œuvre du soutien scolairesous prétexte qu'il s'agit d'une initiative du
gouvernement.» Des positions «idéologiques», Moudenc en observe aussi dans des
détails qui «virent à la mesquinerie» lorsque «les écoles maternelles sont
exclues d'un concours municipal sous le prétexte qu'elles sont du privé…»
Il dénonce encore «les promesses de campagne non tenues» comme la gratuité
dans les transports pour les jeunes, «transformée en une augmentation de 14,3 %
du tarif, pour tous». À Strasbourg, Fabienne Keller a publié son propre guide
pour «marquer avec humour la première année» de la nouvelle équipe du maire PS
Roland Ries, surnommé «le coucou, pour sa propension à s'approprier nos
projets».
Mais Jacques Domergue se veut «réaliste». «Ces villes seront difficiles à
reprendre, car la sociologie des centres-villes a changé, passant d'une
bourgeoisie classique à une catégorie bobo de gauche plus ou moins friquée.» Et
pour Domergue, «les maires deviennent quasiment des maires d'arrondissement».
Désormais, «l'échelle sur laquelle il faut se concentrer, c'est la communauté
d'agglomération». Il espère que la future réforme territoriale permettra de
revoir leur mode de désignation. «Il n'est pas normal, explique-t-il, que la
seule ville de Montpellier prenne 50 % des voix alors que l'agglo est à
droite…»
Sophie de Ravinel - 9 avril 2009